L'humanisme au bout du pouce

🇫🇷- L’objectif de ce texte est avant tout de rassurer les amies de ma mère et les collaboratrices de mon père. J’espère qu’il pourra aussi aider certains hésitants à faire le premier pas.
L’autostop fait peur, certains sont même surpris qu’il existe encore. Et pourtant.

Après 147 jours de voyage en autostop, de Paris à l’Anatolie en passant par les Balkans, quelques chiffres :

- Mauvaises rencontres : 0

- Temps d’attente moyen : 10/15 min

- Temps d’attente maximale : 2h30 dans les montagnes bosniaques

- Distance : 6 556km

- Invitation à dormir après une rencontre en stop : 5

- Ami.e.s de la route converti.e.s à l’autostop : 4

Du paysan turc et son tracteur au chef d’entreprise et sa Porsche, du fermier albanais roulant sans portières au lieutenant de police dans son véhicule de service, un point commun : la confiance.

Quand on voyage comme je voyage, on doit avoir, chevillée au corps, la conviction de la bonté humaine. Quand on se place volontairement dans une situation où l’on dépend des autres pour avancer, on apprend la patience mais aussi la confiance.
L’auto-stop c’est dire : “Voilà, ça c’est moi et je suis ouvert à la rencontre. Si tu le veux aussi, partageons un bout de vie. Si tu ne le veux pas tant pis.”

Je crois que c’est une des choses que j’aime le plus avec l’autostop finalement; c’est parfaitement aléatoire, et pourtant ça agit comme un filtre qui me permet de ne rencontrer que des gens qui sont ouverts à l’autre. Des gens avec qui je partage la conviction que l’autre est une richesse et pas un danger. La conviction qu’une belle rencontre vaut le coup qu’on prenne un risque.

Quand je me tiens le bras tendu, au bord de la route, j’ai l’impression de tenir mes valeurs en étendard. J’ai l’écologie en sac à dos, la conscience de mes privilèges et ma liberté dans les poches.
J’ai le sourire aux lèvres et les yeux plissés pour voir au loin mais surtout,surtout, j’ai l’humanisme au bout du pouce.


🇬🇧- The aim of this text is above all to reassure my mother's friends and my father's colleagues. I hope that it will also help some hesitant people to take the first step.

Hitchhiking is scary, some people are even surprised that it still exists. And yet.

After 147 days of hitchhiking, from Paris to Anatolia through the Balkans, some figures:

Bad encounters: 0

Average waiting time: 10/15 min

Maximum waiting time : 2h30 in the Bosnian mountains

Distance : 6 556km

Invitation to sleep after a hitchhiking encounter : 5

Friends of the road converted to hitchhiking : 4

From the Turkish farmer and his tractor to the company director and his Porsche, from the Albanian farmer driving without doors to the police lieutenant in his service vehicle, there is one thing in common: trust.

When you travel as I do, you must have a strong belief in human kindness. When you voluntarily place yourself in a situation where you depend on others to move forward, you learn patience but also trust.

Hitchhiking is saying: "This is me and I'm open to meeting you. If you want too, let's share a bit of life. If you don't want to, too bad.

I think this is one of the things I like most about hitchhiking; it's perfectly random, and yet it acts as a filter that allows me to meet only people who are open to each other. People with whom I share the conviction that the other is an asset and not a danger. The conviction that a beautiful encounter is worth the risk.

When I stand with my arm outstretched, at the side of the road, I have the impression that I am holding up my values as a flag. I have ecology in my backpack, my awareness of my privileges and my freedom in my pockets.

I have a smile on my face and my eyes squinted to see into the distance, but above all, I have humanism standing on my thumb.

Les chroniques du monde qui coule

Par Les Chroniques du monde qui coule (Hippolyte)

Les derniers articles publiés