Bons baisers de Sarajevo

🇫🇷🇫🇷🇫🇷 - Bons baisers de Sarajevo

Un mois de voyage pour atteindre l’ex-Yougoslavie, point de départ du voyage de Nicolas Bouvier, explorateur français dont je suivrai désormais les traces. De ce pays disparu jusqu’à l’Inde et sa chaleur assommante, 69 ans après, à travers les Balkans, l’Anatolie, l’Asie Mineure…
Cet itinéraire coïncide presque avec la Route de la Soie, symbole du commerce et des échanges entre les peuples depuis le Moyen-Âge. Il est aujourd’hui un chemin empreint de la souffrance que s’infligent les vertébrés d’une même espèce. 

Du pays victorieux découvert par Bouvier dans les années 50, il ne reste que des cendres. Au sein d’une Bosnie encore divisée, certains adolescents n’ont jamais traversé le pont qui coupe leur (petite) ville en deux. Les journées à l’université sont séparées; le matin pour une ethnie, l’après-midi pour l’autre. On n’y paie pas les mêmes taxes selon où l’on habite, et clochers et minarets se regardent en chien de faïence. 
De l’imbroglio laissé par les religions, les nationalités, les milices et les atrocités, il demeure des peuples traumatisés, emmêlés dans la méfiance, la rancœur et la peur du compatriote. 

Le monde ne va pas plus mal qu’en 1953. La barbarie et les pulsions meurtrières semblent inscrites au cœur du génome humain. La générosité et le sens de l'accueil aussi. 
Liées, indissociables, ces valeurs qui font le beau visage et l’horrible face de l’humanité sont deux fils rouges que nous démêlerons et suivrons à travers la Grèce ruinée, la Turquie belliqueuse, l’Iraq traumatisé, l’Iran cadenassé…
Bons baisers de Sarajevo, et d’un monde où le soleil brille sur une espèce qui aspire à aller toujours plus haut. Mais la colle qui retient nos ailes commence à s’effriter…



🇬🇧🇬🇧🇬🇧 - From Sarajevo with love

A month's journey to reach ex-Yugoslavia, the starting point of Nicolas Bouvier's journey, the French explorer whose footsteps I will now follow. From this vanished country to India and its dull heat, 69 years later, I will go through the Balkans, Anatolia, Asia Minor...
This route almost coincides with the Silk Road, symbol of trade and exchange between peoples since the Middle Age.
Today, it is a path marked by the suffering that the vertebrates of a single specie inflict on each other.

Of the victorious country discovered by Bouvier in the 1950s, only ashes remain. In a Bosnia that is still divided, some teenagers have never crossed the bridge that cuts their (small) town in two parts.
The days at uni are separate; mornings for one ethnic group, afternoons for the other.
You don't pay the same taxes depending on where you live, and steeples and minarets stare at each other in glare.
The imbroglio left by religions, nationalities, militias and atrocities has left traumatized peoples, entangled in mistrust, resentment and fear of their fellow countrymen.

The world is no worse than it was in 1953. Barbarity and murderous impulses seem to be inscribed in the human genome. So are generosity and a sense of hospitality.
Linked, inseparable, these values that make up the beautiful face and the horrible visage of humanity are two red threads that we will unravel and follow through a ruined Greece, a belligerent Turkey, a traumatized Iraq, a locked-down Iran...
Sweet kisses from Sarajevo, and from a world where the sun shines on a species that aspires to go ever higher. But the glue that holds our wings is beginning to crumble...

Les chroniques du monde qui coule

Par Les Chroniques du monde qui coule (Hippolyte)

Les derniers articles publiés